Hijama et grossesse est un sujet important puisque cette catégorie de personnes peut être amenée à souffrir sans vraiment trouver de quoi se soulager dans la médecine conventionnelle et les médicaments (les contre-indications étant nombreuses si ce n’est tous pour ainsi dire…), qui  représentent un risque pour le nourrisson. La femme enceinte doit ainsi se tourner vers des thérapies naturelles et alternatives plus saines et c’est justement une bonne période pour tester le soin par les ventouses, ou hijama.

Mais hijama ou cupping-therapy est-ce possible dans ce cas de figure ? Si oui, comment et à quelle fréquence ?… Comme dans toute thérapie de soins alternatifs, il existe naturellement des précautions d’usage et contre-indications dans la hijama, concernant la grossesse notamment. Je tenais néanmoins à réagir et à rédiger cet article afin de tenter une clarification comme ayant déjà lu divers choses pas toujours exact sur le sujet. J’espère donc que cet article, qui s’adresse spécialement à vous mesdames, actuelles ou futurs mamans, vous éclairera si jamais vous avez des doutes sur la question…

Alors, femmes enceintes et Hijama : bon ménage ou pas ?...

Il est souvent dit de manière certaine que la hijama est formellement contre-indiquée pour les femmes enceintes, ni plus ni moins et sans explications précises. Or ceci n’est pas exact puisque ce type de profil peut, comme n’importe qui, pleinement profiter des bienfaits de la hijamathérapie sous certaines conditions bien précises. Ces conditions sont formulées sous forme de précautions d’usage par les médecins et spécialistes en cupping-therapy que vous retrouverez dans la rubrique « Hijama: Contre-indications & Précautions d’usage » du site.

Tout d’abord, il y a deux choses à différencier et lesquelles méritent explications :

1> La hijama pratiquée sur une femme enceinte concernant une plainte non liée à sa grossesse et en marge de celle-ci ;
2> La hijama pratiquée sur une femme enceinte pour une plainte ou anomalie non liée à sa grossesse mais pouvant interférer sur celle-ci ;
3> La hijama pratiquée sur une femme enceinte pour une anomalie propre à sa grossesse.

Explicitons maintenant ces différents cas de figure :

1

Dans le 1er cas, la femme est enceinte et présente un état général satisfaisant. Elle souffre d’une maladie ou d’une douleur n’ayant pas attrait à sa grossesse et à distance des points liés à celle-ci : c’est à dire de la zone de l’utérus comme l’abdomen et le bas du dos. Il serait dans ce cas précis non justifié et pas juste de l’empêcher d’avoir recours à cette thérapie puisque la zone où se trouve la plainte n’est pas en lien avec sa grossesse, ni n’influe sur cette dernière… Pourquoi donc le lui empêcher de se soulager ? : )
Si l’état général de la personne le permet et qu’un besoin se fait ressentir, une hijama est donc bel et bien indiquée.

Prenons l’exemple de Chloé, enceinte de 5 mois, qui s’est fait mal aux cervicales et qui témoigne que la hijama l’a soulagé malgré sa grossesse :

« À force de porter une charge trop lourde et de répéter trop souvent le même mouvement, je me suis blessée au niveau des cervicales. J’ai malheureusement attendu que la douleur soit devenue insupportable pour effectuer les soins nécessaires… J’ai bénéficié d’une hijama sèche qui m’a tout de suite considérablement soulagé. »

Nous avons ici le cas concret d’une femme enceinte qui se soigne sans danger par le biais d’une thérapie saine et naturelle. Par ailleurs, de plus en plus de professionnels de santé utilisent entre autre la cupping-therapy en obstétrique surtout en outre manche ou dans les pays plus “ouverts” à ces thérapies… 

2

Passons maintenant au 2ème cas de figure qui nécessite en effet plus de précautions dans le recours aux ventouses.
Ici, il s’agit donc de réaliser une hijama sur des zones du corps correspondant à l’utérus et indirectement au foetus. Donc, contre-indication ou pas ?

Pour répondre à cette question, nous allons nous intéresser à une étude russe ayant exploré l’intérêt de la hijama sèche (pose simple d’une ventouse sur la peau) chez 126 patientes présentant une grossesse à risque(1). Ces femmes ont été séparé en deux groupes et suivi jusqu’à leur accouchement.
Le 1er groupe a bénéficié d’un traitement médicamenteux et le 2nd d’une hijama sèche standard uniquement.
L’état de santé diagnostiqué à la naissance s’est entre autre basé sur le « score Apgar »(2).

Résultats :
dans le 2nd groupe, correspondant aux patientes ayant reçu la hijama, 70% des enfants étaient en bon état général contre 25% seulement dans le 1er. Aucun décès n’a été constaté dans le groupe 2 et 1% dans le groupe 1.

Les conclusions de cette étude rapportent que :

« La hijama est une technique thérapeutique efficace en obstétrique. Son avantage est l’absence d’effet secondaire sur le corps de la femme enceinte et sur le foetus. Elle améliore de manière significative la circulation sanguine utero-placentaire. Elle constitue en soi une mesure préventive contre le risque de décès materno-foetal. » (3)

Ainsi, après connaissance de cette étude notamment, on constate que la hijama est possible sur une femme enceinte et qu’elle s’avère même très efficace ! Reste maintenant à définir quelles sont les précautions à prendre pour y avoir recours.

Encore une fois, comme tout cas de figure, ce qui prime est l’état général de la personne voulant recevoir ce type de thérapie. L’état de santé de la femme enceinte devra ainsi être bon. Au delà de son désir, elle devra par ailleurs motiver son projet de hijama par un réel besoin sans oublier de prendre l’avis de son médecin…

Si vous vous voyez donc dans ce cas de figure :
La pose de ventouse ne pourra pas être faite avant votre premier trimestre de grossesse.

Passé vos 3 premiers mois de grossesse, vous pourrez :

  • Avoir recours à la hijama sèche auprès d’un praticien formé et expérimenté concernant des anomalies de l’abdomen et/ou de l’utérus non liées à votre grossesse. On pourra ainsi agir sur des points situés dans le bas du dos comme par exemple les problèmes gastriques ou la sciatique qui débute au niveau des lombaires, mal récurent qui touche beaucoup de femmes enceintes justement.
  • Avoir recours à la hijama pour des problèmes ou maladies liés à votre grossesse. Si cette anomalie ne peut être réglée par la médecine conventionnelle, il sera possible de recourir à la hijamathérapie, sous les conseils avisés de votre médecin.

Ainsi, comme vous l’aurez constaté, il n’existe pas de contre-indications absolue mais bel et bien des précautions d’usage à respecter dans le cas d’une grossesse. Ceci restreint donc le recours à la hijama à des situations bien spécifiques.

En conclusion et pour résumer :

1 > Vous êtes enceinte, en bon état général et vous vous êtes blessés ou souffrez dans une zone éloignée de votre abdomen (utérus) ou du bas de votre dos : Vous pouvez recourir à la hijama et profiter de ses bienfaits sous sa forme sèche comme humide (avec extraction du sang) ! Et ce à n’importe quel stade de votre grossesse… ; )

2 > Vous êtes enceinte de plus de 3 mois, en bon état général et souffrez d’une maladie ou anomalie relative à votre abdomen ou votre utérus : Vous pouvez avoir recours à la hijama sous sa forme sèche…

3 > Vous êtes enceinte de plus de 3 mois, en bon état général et avez une grossesse à risque ou une maladie liée à celle-ci : Vous pouvez avoir recours à la hijama sous sa forme sèche uniquement et après avoir prit l’avis de votre médecin.

Je rappelle encore que nul ne remplace une consultation chez son médecin ou spécialiste et que, s’il y a possibilité pour la femme enceinte de se tourner vers la hijamathérapie, cela se fera auprès d’un praticien formé et expérimenté.

Enfin, n’hésitez pas à partager cet article et commentez… Dites-nous par exemple si vous avez déjà pratiqué la hijama enceinte et si celle-ci vous a soulagé.

1: Etude reprise et traduite dans l’ouvrage du Dr. Aït M’hammed Moloud, « La Hijama – Fondements, techniques, conseils ».

2: Le score Apgar est une évaluation de la vitalité d’un nouveau-né au moment de sa naissance.

3: Etude menée par le Dr. Tamara Khvan et Tatyana Kim « Vacuum therapy in obstetrics », abstraits of ICMART 1997 International Médical Acupuncture Symposium.

19 décembre 2017
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Grossesse & Hijama (Cupping-therapy) : Est-ce possible ? …

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